​Les pigeons sont plutôt résistants à la grippe aviaire, et ce n’est pas une surprise.

Les pigeons sont naturellement assez résistant aux virus influenza aviaires (grippe aviaire). La recherche montre qu’ils restent des hôtes potentiels de ces virus. Les virus dits hautement pathogène peuvent les rendre malades et les tuer. Les pigeons infectés multiplient les virus et les transmettent dans l’environnement.


Écrit par le Dr. Alexis Kiers vétérinaire *

Révision le 20 janvier 2022

Références bibliographiques disponible sur demande demande

Pigeon Newcastle - torticolis

Signes neurologiques typiques (torticolis) d’un pigeon atteint de maladie de Newcastle.
© A. Kiers – Dr Bassecour vétérinaire

Les pigeons sont plutôt résistants à la grippe aviaire

Même si quelques virus réputés hautement pathogènes peuvent quand même les rendre malades et les tuer, il n’existe aujourd’hui qu’une petite dizaine de rapports scientifiques d’infections naturelles d’influenza aviaire chez le pigeon. Vu l’omniprésence , s’il était plus sensible, ça se saurait… Donc, seuls quelques virus influenza aviaire s’adaptent au pigeon et les rendent malades. Quand un pigeon est infecté par un virus influenza aviaire hautement pathogène de type H5, les signes cliniques sont neurologiques (torticolis, cou tordu) et digestifs (diarrhée verdâtre) rapidement suivi par la mort de l’oiseau. Les signes de IAHP chez le pigeon ressemblent à ceux de la maladie de Newcastle (Paramyxovirose).

Qu’est-ce que la grippe aviaire ?

La grippe aviaire est souvent appelée l’influenza aviaire. C’est une maladie qui peut infecter de nombreuses espèces d’oiseaux, dont les pigeons. Les oiseaux migrateurs aquatiques (canards, sauvagines, oies, cygnes, etc.) sont les hôtes naturels des virus influenza aviaires. Ils en constituent le réservoir et le transmettent dans l’environnement via leurs fientes ou leurs larmes, souvent sans montrer de signes cliniques.

Qu’est-ce que l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP)

L’IAHP est rapidement fatal pour les volailles (poules, dindes, etc..). Le terme hautement pathogène n’a rien à voir avec sa capacité à créer la maladie chez l’humain. Le risque de pandémie chez l’Homme par un virus influenza aviaire est inexistant avec les virus circulant actuellement en Europe.

Que montre la recherche « Pigeons et grippe aviaire » ?

Quelques études scientifiques menées par des chercheurs montrent que les pigeons, après avoir été soumis aux virus influenza aviaire par inoculation, sont assez résistants à l’infection. Plus récemment, une autre étude sur les marchés aux oiseaux vivants de New York a mis en évidence qu’aucun pigeon n’avait d’anticorps contre le virus de l’influenza aviaire ce qui prouve qu’ils n’ont pas été infecté par aucun virus de la grippe aviaire.

1972 – Infection expérimentale réussie de pigeons par un virus influenza aviaire H5N9 HP isolé sur des dindes

Apres infection expérimentale de 19 pigeons, le virus a été retrouvé que dans 2 pigeons. Les chercheurs ne savent pas si le virus vient de l’inoculum ou s’il a été transmis.

1983 – Pigeons résistants au virus HP H5N2 isolé en Pennsylvanie

Deux études américaines, de 480 et 309 pigeons sauvages n’ont pas permis d’isoler ce virus et de trouver des anticorps contre ce virus. Il n’a pas pu être répliqué ou produire des anticorps chez des pigeons infectés expérimentalement.

1996 – Des virus influenza de poulets et d’émeus n’infectent pas les pigeons

Des pigeons entre 8 et 32 mois, infectés expérimentalement par voie veineuse ou nasale par des virus hautement et faiblement pathogènes n’ont fabriqué aucun anticorps contre ces virus. Le virus n’a jamais été retrouée après multiples écouvillons cloacaux et nasaux. Ces pigeons n’ont pas transmis le virus à des poulets en contact direct.

2002 – Des pigeons résistent au virus hautement pathogène H5N1 isolé à Hong Kong

Des pigeonneaux de 4 semaines, dont certains infectés par le circovirus (virus immunosuppressif) ont eu le bec en contact avec le virus H5N1. Les chercheurs n’ont rien trouvé. Pas de pigeons malades, pas de lésions et aucun virus n’a été retrouvé dans les organes internes de ces oiseaux.

2002 – Isolation de quelques virus influenza dans des fientes de pigeons en cage à Hong Kong

La comparaison génétique de ces virus, retrouvés dans les marchés d’animaux vivants à Hong Kong, montrent qu’ils sont cousins de ceux isolés de poules soies, cailles et autres poulets du même marché.

2014 – H7N7 et H7N9 infectent mais ne rendent pas malades des pigeons

Les pigeons transmettent les virus à bas niveau pendant deux et sept jours après l’inoculation. H7N7 a été retrouvé dans les fientes et les secrétions nasales, H7N9 seulement dans les secrétions nasales. Aucun virus n’a été isolé dans les organes internes.

2014 – Le premier cas reporté de pigeonneaux malades en Egypte par un virus H5 hautement pathogène

Il infecta et rendit malade un élevage de pigeons en Egypte. Ce virus était cousin des virus circulant dans les volailles et canards de bassecour et causant des cas d’infections humaines. Deux pigeonneaux ont été diagnostiqués grippe aviaire positif. Ils venaient d’un élevage de bassecour de 50 individus, qui ont eu 50 % de mortalité, des signes neurologiques et une diarrhée verdâtre.

2014 – Seule infection expérimentale réussie de pigeons par le virus H5N1 hautement pathogène venant d ‘Egypte

Et ce virus vient de pigeonneaux infectés naturellement. Ce virus causa des signes neurologiques et digestifs. Ces oiseaux ont très peu transmis le virus dans l’environnement pendant l’étude.

Conseils grippe aviaire du Dr Bassecour

N’hésitez pas à discuter avec votre vétérinaire (ou Dr Bassecour !) si vous avez une mortalité anormale ou si les oiseaux présentent des signes cliniques évocateurs :

  • Mortalité soudaine et importante
  • Signes neurologiques ou digestifs sur plusieurs individus

La prévention est le meilleur moyen de garder votre troupeau en bonne santé.

  • Séparer vos animaux des oiseaux sauvages
  • Eviter que les oiseaux sauvages aient accès à l’alimentation ou l’eau de boisson de vos volailles et pigeons.
  • Garder le poulailler ou le pigeonnier propre
  • Faire une quarantaine d’au moins 14 jours pour les nouveaux arrivants ou les oiseaux revenant de voyage

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* Information sur l’auteur

Alexis Kiers est le fondateur de Dr Bassecour vétérinaire. Il a consacré la majeure partie de sa carrière à la médecine des volailles.